Les fleurs

A 45° au dessus de l’image

Au départ des enseignements qu’il a reçus – ou qu’il a subis – jusqu’à celui qu’il dispense aujourd’hui dans nos académies, Florimond Dufoor a retiré la conviction que l’œuvre, au delà de l’antagonisme figuration-abstraction – catégories arbitraires autant que rassurantes- est le fruit d’un cheminement conduit par le geste entraînant, en un premier temps, la main sur des chemins aléatoires avant de mener à la réflexion sur l’acte pictural.

Il rejoint en cela la démarche des créateurs américains de l’après seconde guerre mondiale qui, partant de la réaction des pionniers de l’action painting, celle des De Kooning, Kline et autre Motherwell, et des conséquences ultime de celle-ci, aboutit au pop’art réhabilitant l’image et bouclant ainsi – provisoirement – le circuit de l’aventure plastique. Matière et image (l’une des acceptation du terme est « représentation de la pensée ») se trouvant réconciliées.

FLORIMOND (prénom prédestiné) fait d’une tache un pétale car, comme l’a dit Oscar Wilde, « la nature finit toujours par ressembler à l’art ». Conviction confortée par la confrontation avec le quotidien : au sortir de l’atelier, un bouquet de fleurs séchées voué au rebut de révèle soudain à lui comme le proche parent de l’explosion colorée que sa main vient de l’obliger à projeter sue la toile et le confirme ainsi dans son souci de recréer le lien entre les deux univers

Il n’ignore sans doute pas ( mais doit-il le savoir) qu’à près d’un siècle de distance et avec son langage propre il chemine à la manière de Matisse dont la violence fauve s’est résolue en une monumentalité décorative , au sens le plus noble du terme.

Proche en cela de nombre de jeunes créateurs de notre temps, las des vaticinations sans accomplissement, des pseudo concepts appuyés sur le néant du support, FLORIMOND est soucieux de la technique éprouvée au feu de l’action, de la « bel ouvrage » qui réconcilie le peintre avec lui-même.

Florimond avait un patronyme, déjà connu dans le paysage de l’art belge, il lui restait à se forger un prénom, c’est chose faite même si nul ne sait et lui le premier où aboutira sa quête, sa remise en question perpétuelle. Peu importe qui l’emportera de la figure retrouvée ou de la matière libre de tout carcan car le créateur nous prouve une fois de plus que la fin sans cesse annoncée de la peinture n’est plus inscrite au sommaire du grand livre de l’histoire de l’art.

René Dalemans
Association Belge
Des Critique d’Art